- J’ai encore failli mourir, et par votre faute cette fois.
- C’est vrai, je me suis posé la question, a quoi bon continuer… Photographier cette petite poupée, je sens que je vais tourner en rond. Je tourne en rond n’est ce pas?
- Ben oui un peu, mais ce n’est pas grave. C’est quand même chouette d’exister.
- Oui, peut être, j’ai croisé un autre blogueur dans une soirée l’autre jour, un graphiste, non un artiste plutôt… enfin un illustrateur je ne sais pas très bien, il avait l’air content, ça m’a déprimé. Un blogueur content c’est toujours un peu déprimant. Alors c’est vrai j’avais décidé de vous supprimer ma petite Pola, de vous oublier ou même, pire, de vous égarer, pour ne plus devoir vous photographier.
- Vous n’êtes pas gai, monsieur le photographe.
- C’est à cause des fêtes.
- C’est marrant, tout le monde se plaint des fêtes mais qui oserait rester seul chez soi, avec juste un livre, écouter un disque et puis se coucher à dix heures? Qui ? Même pas vous.
- Le problème c’est de pouvoir faire ça normalement en oubliant tous les autres sans se forcer sans y penser, en fait c’est impossible, si je me mets au pieu avec une bouquin, une bouteille ou même une fiancée…
-Vous n’êtes pas marié ?
- … ce ne sera pas vraiment naturel et je risque de penser à tous les autres, ceux qui s’amusent ou s’enmerdent précisément ce soir de fête. Alors comment, dans ces conditions, lire une ligne, boire ou faire l’amour en étant complètement concentré sur ce que l’on fait ? Non le mieux c’est de faire comme d’habitude, se rendre à une fête et puis attendre que cela passe, cela fini toujours par passer. Tiens, au fait tournez vous pour voir, comme ça voilà. On ne vous a jamais dit que vous aviez le dos triste ?
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